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Reconfigurations paroissiales. Varia. (n°68/1, 2018)

RÉSUMÉS

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Gabrielle Atlan, Les unions mixtes et la conversion. L’identité juive en question.

La question des mariages mixtes dans le judaïsme soulève une question majeure: celle de l’identité juive (ou judéité), et par ricochet celle de la conversion. Une plongée dans les textes fondateurs de la Loi juive révèle que le mode d’adhésion au judaïsme n’a pas toujours été celui que nous connaissons aujourd’hui, et que la notion de mariage mixte a particulièrement évolué au cours du temps. Se fondant sur des textes variés, la mouvance libérale préconise une politique d’ouverture et de souplesse à l’égard des candidats à la conversion, sous-tendue par une prise en compte de la démographie juive, tandis que le rabbinat conservateur et orthodoxe revendique une interprétation plus stricte des textes, défendant ainsi une vision plus restreinte de la judéité.

Alphonse Ky-Zerbo, Mariages dispars et mariages mixtes dans la législation de l’Église catholique. Entre droit divin et droit au mariage.

La célébration valide d’un mariage dispar ou d’un mariage mixte est possible dans l’Église catholique sous certaines conditions, qui ont pour objectif de protéger la foi de la partie catholique et de favoriser la transmission de cette même foi aux enfants issus de ces types de mariages. Ces conditions ont évolué depuis le Concile Vatican II par rapport aux dispositions du Code de droit canonique de 1917 dans le sens d’un assouplissement qui veut maintenir un équilibre entre le droit divin, qui impose au baptisé catholique de rester fidèle à sa foi, et le droit naturel au mariage (ius connubii) de tout homme de contracter mariage avec la personne de son choix. Toutefois, force est de constater que malgré une évolution incontestable en la matière, un certain nombre de questions et de difficultés subsiste...

Moussa Abou Ramadan, Le mariage interreligieux dans la doctrine juridique musulmane classique et contemporaine.

L’étude présente la position de la doctrine juridique musulmane sunnite (chaféite, hanéfite, hanbalite et malékite) et l’attitude des savants musulmans contemporains à l’égard du mariage des musulmans et des non musulmans. Alors que dans bien d’autres domaines le droit musulman a évolué, dès lors qu’il s’agit d’une matière qui touche plus profondément à l’identité religieuse la règle fut plutôt l’immobilisme. Toutefois, des dispositions peuvent être relevées quant à la possibilité d’inclure ou d’exclure certaines interdictions de mariage. Les auteurs contemporains ont ainsi introduit une certaine flexibilité en la matière. Mais flexibilité ne veut pas dire forcément libéralisme. Si les savants s’accordent pour dire qu’une musulmane ne peut se marier qu’avec un musulman et qu’un musulman peut épouser une femme appartenant aux Gens du Livre («ahl al-kitâb»), la définition de ces derniers connaît tantôt un élargissement, tantôt des restrictions.

 

Aurélie Lebel-Cliqueteux, Entre répression et rédemption. L’adultère, une affaire d’État.

«Va, je ne te condamne pas»… À la mansuétude de L’Église, essentiellement préoccupée par le salut de l’âme et la sacralité du mariage, répond  l’implacable sévérité de la répression de l’infidélité conjugale mise en œuvre par le pouvoir séculier, au service de sa propre autorité. L’adultère est vraiment une affaire d’État.

 

Marie-Élisabeth Fady, Le vetitum apposé à une sentence déclarant nul un mariage: entre difficultés canoniques et enjeux pastoraux.

Le vetitum apposé à une sentence déclarant nul un mariage soulève de nombreuses questions chez les théoriciens comme chez les praticiens du droit. Un contexte normatif flou, une nature encore à définir, générant des difficultés lorsqu’il est question de lever cette interdiction, sont des interrogations qui font encore débat aujourd’hui.
Mais au-delà de ces difficultés, un réel décalage se dessine lorsqu’il est question de confronter le vetitum à la pratique locale. Entre témérité et timidité, les usages varient en fonction des époques et des lieux. Des études conduites auprès de tribunaux ecclésiastiques aux États-Unis ainsi qu’une enquête que l’auteur a effectuée en 2013 auprès d’une officialité francophone soulèvent des interrogations parfois aux antipodes de celles relevées auprès des commentateurs des textes législatifs. Entre théorie et pratique, une frontière presque hermétique contribue à un écartèlement du vetitum dans sa compréhension et son utilisation. Celui-ci a cependant toute son importance au sein de la procédure matrimoniale, sur le plan canonique comme sur le plan pastoral. Protéger le sacrement et les personnes et inviter à vivre un chemin de conversion, tel doit être le but recherché lorsqu’il est question d’imposer un vetitum.

 

Parfait Blaise Louthé, Renvoi de religieuses en contexte congolais. Kimuntu, droit canonique et culture.

Cette contribution trace un programme juridique dont l’horizon herméneutique n’est pas la nouveauté d’une procédure de renvoi telle que définie par le législateur dans le Code de droit canonique de 1983, mais la mise en œuvre de cette procédure dans une culture bien déterminée et ses conséquences quant au respect de la charité et de la dignité de la religieuse renvoyée. L’étude repose, d’une part sur une enquête menée auprès d’anciennes religieuses et, d’autre part, sur l’analyse de la notion de Kimuntu dans ses dimensions coutumière, juridique et sociale dans la culture Kongo. En effet, le Kimuntu englobe toutes les qualités de bonté, de générosité, de vérité, de justice, de respect, de solidarité et de dignité.

 

Pierre-Marie Berthe, La suppression de la commission Ecclesia Dei: un choix théologiquement cohérent, RDC 68/1, 2018.

Instituée par Jean Paul II en 1988 après les sacres sans mandat pontifical effectués par Mgr Marcel Lefebvre et l’excommunication de ce dernier, la commission pontificale Ecclesia Dei a été supprimée le 17 janvier 2019. Ses compétences ont été intégrées à une section de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Si ce changement prolonge une évolution entamée dès 2009 par le motu proprio Ecclesiae unitatem, il répond à des raisons qui sont essentiellement théologiques. Celles-ci touchent les exigences minimales de communion à l’intérieur de l’Église, l’interprétation autorisée du concile Vatican II, la critique du magistère authentique en matière pastorale, l’articulation entre unité et diversité dans le monde catholique, la culture du dialogue et la mise en œuvre d’un principe cher au pape François, «L’unité est supérieure au conflit».


Gabrielle Atlan, Mixed marriage and conversion. Jewish identity in question.

The question of mixed marriages within Judaism raises a major problem: Jewish identity (or Jewishness), and indirectly that of conversion. Studying the fundamental texts of the Jewish law shows that the process of adhering to Judaism has varied through time, and that the notion of mixed marriage has notably changed. From these various texts, the liberal tendency advocates a policy of openness and suppleness towards candidates to conversion, with an acknowledgement of the Jewish demography in the background, while the conservative and orthodox rabbinate call for a stricter interpretation, thus upholding a more restrictive vision of Jewishness.

Alphonse Ky-Zerbo, Disparate and mixed marriages according to the legislation for the Catholic Church. Between Divine law and the rigth to marry.

The valid celebration of a disparate marriage or of a mixed marriage is allowed by the Catholic Church under certain conditions. They are there to protect the faith of the Catholic part and to help the transmission of this very faith to the children born from these sorts of unions. The conditions have changed since the Vatican II Council, the dispositions of the Canon law codex of 1917, towards a relaxation of law. It hopes to maintain a balance between divine law, stating tha a baptized Catholic ought to remain loyal to his faith, and the natural marriage law (ius connubii) stating that every human has the right to contract a marriage with the person of her choice. However, we have to acknowledge that a fair number of issues remains, inspite the unquestionable evolution...

Moussa Abou Ramadan, Interreligious marriage in classical and contemporary Islamic doctrine.

This study describes the legal Sunni Muslim (Shafi’i, Hanafi, Hanbali and Maliki) and the opinions of contemporary Muslim scholars towards marriage between Muslims and non-Muslims. Although, in many aspects, Islamic legal system has undergone changes, when it comes to religious identity, the rule has been more like fixity.
However, these dispositions can be noticed regarding the possibility to include or exclude some marriage interdictions. There is now, here, a relative flexibility, which does not equate with liberalism, though. Scholars agree that a Muslim lady cannot marry a non-Muslim and that a Muslim man can only marry someone from the People of the Book («ahl al-kitâb»), the definition of the latter knows some variations.

Aurélie Lebel-Cliqueteux, Between Repression and Redemption. Adultery: a State matter.

«Go. Neither shall I condemn thee…» The clemency of the Church, first concerned with the salvation of the soul and the sacredness of marriage, stand in sharp contrast with the  implacable severity with which secular powers repressed conjugal infidelity, to the benefit of its own authority. Adultery is really a state matter.

Marie-Élisabeth Fady, The Vetitum affixed to a marriage nullifying sentence: at the crossroad of canonical difficulties and pastoral challenges.

The vetitum affixed to a marriage nullifying sentence raises countless questions in the eyes of the Canon law theorist as of the practitioner. A blurred legal context, a nature still to be defined, both creating difficulties when this interdiction is asked to be lifted, are the main questions that are still debated today.
Furthermore, when the vetitum is confronted to the local practice, a significant shift appears. Between the two extremes of temerity and pusillanimity, uses vary quite a lot from time to places. Studies conducted among the ecclesiastical tribunals of the United States and my own personal study of a French speaking officiality raise issues that are quite at the opposite of those raised by the official commentators of Canon law. The wideness of the gap between theory and practice helps the vetitum to become torn apart in its understanding and use. Nevertheless, the vetitum enjoys an important role through the matrimonial procedure, both on the canonical and pastoral sides. To protect the sacrament and the persons, to offer a path of conversion, these are the goals when imposing the vetitum.

Parfait Blaise Louthé, The dismissal of nuns within the Congolese context. Kimuntu, Canon law and culture.

This contribution does not describe a judicial program whose background is the novelty of a dismissal procedure as defined by the 1983 Codex of Canon law, but the implementation of this very procedure within a well-defined culture and its consequence regarding charity and the dignity of the dismissed nun. This study is based, upon one hand on a enquiry conducted among former nuns, and on the other, upon the analysis of the notion of Kimuntu along its custom, judicial and social dimensions within Kongo culture. Indeed, Kimuntu encompass all the qualities of goodness, generosity, truth, justice, respect, solidarity and dignity.

Pierre-Marie Berthe, The abolition of the Ecclesia Dei commission: a coherent theological choice.

The pontifical commission Ecclesia Dei was instituted by Pope John Paul II in 1988 in the wake of the episcopal consecrations without pontifical mandate perpetrated by Bishop Marcel Lefebvre and his following excommunication. However, the pontifical commission was abolished January the 17th of 2019. Its competences are now integrated to a department of the Congregation for the Doctrine of the Faith. This transformation follows an evolution started back as early as 2009 with the motu proprio Ecclesiae unitatem, but its motives comes first from theology. Theology entail minimal requirements of communion within the Church, an authorized interpretation of the Vatican II Council, the criticism of authentic magisterium in pastoral matters, the articulation between unity and diversity within the Catholic world, the culture of dialogue and the implementing of a guideline dear to Pope Francis, «unity is superior to conflict».has the right to contract a marriage with the person of her choice. However, we have to acknowledge that a fair number of issues remains, inspite the unquestionable evolution...

 

 

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